Avant la WWE, avant Charlotte Flair ou Ronda Rousey, il y avait Mildred Burke. Un nom que l’histoire officielle du catch a trop longtemps relégué aux oubliettes. Pourtant, cette femme de 1m57 a régné sur les rings comme aucune autre. Championne du monde de catch féminin pendant près de 20 ans. Plus de 5000 combats. Invaincue. Une légende. Une pionnière. Et désormais, l’héroïne d’un livre choc : La reine du girl power d’Adrian Smoother.
Publié au format Kindle et broché, ce récit puissant n’est pas une simple biographie. C’est un uppercut dans la mâchoire des clichés. Un manifeste rugissant en faveur de toutes celles et ceux qui ont un jour entendu “ce n’est pas pour toi”.
Le catch féminin avant le catch féminin
Mildred Burke, c’est bien plus qu’une icône du catch. C’est une révolution à elle seule. Dans l’Amérique des années 30, alors que les femmes luttent pour le droit de voter, elle, elle lutte… littéralement. Sur les rings enfumés des foires de l’époque, elle terrasse des hommes deux fois plus lourds qu’elle. Pour 25 dollars la prise. Et souvent, elle gagne. Ce n’était pas du spectacle. C’était brutal. Réel. Engagé.
Elle a inventé la lutte féminine professionnelle avant que cette discipline n’existe officiellement. Elle a brisé les règles. Puis elle en a écrit de nouvelles. Le tout sans permission. Ni excuses.
Un destin digne d’un film (mais tout est vrai)
L’histoire commence comme un conte moderne : Mildred est une secrétaire fauchée du Kansas. Mais elle ne rêve ni de mariage, ni de tapis rouge. Elle rêve de catch. Dans un monde d’hommes, elle ose. Et ce courage, elle le paiera cher. Entre un mari-manager manipulateur, des blessures, des humiliations, elle encaisse les coups, au sens propre comme au figuré.
Mais elle ne cède jamais. Elle transforme chaque chute en élévation. Elle fonde sa propre fédération, dirige sa production vidéo, forme une nouvelle génération de catcheuses, et bâtit un empire. Une femme business avant l’heure. Une battante, une vraie.
Un livre viscéral, pas lisse
Ce qui frappe dans La reine du girl power, c’est la force du style. L’auteur Adrian Smoother ne fait pas dans la neutralité académique. Il nous plonge dans la tête de Mildred comme si on y était. On sent l’odeur de la sueur, le claquement des cordes, les regards hostiles. On vit chaque combat de l’intérieur. Chaque victoire. Chaque trahison. Chaque brûlure.
Et surtout, ce livre ne parle pas que de sport. Il parle de résilience. D’identité. D’affirmation. De l’art de dire non. De la capacité à redéfinir son propre récit, quelles que soient les cases dans lesquelles la société tente de nous enfermer.

Pourquoi les fans de catch doivent le lire
Parce qu’avant que le catch féminin ne devienne une division “main event”, il y avait Mildred Burke. Parce que cette histoire, c’est l’ADN du catch, celui qui refuse les compromis. Parce que cette femme a ouvert la voie aux Becky Lynch, aux Bianca Belair, aux Rhea Ripley, aux Liv Morgan. Et que sans elle, le catch féminin n’en serait pas là.
Mais aussi parce que ce livre rappelle que le catch n’est pas qu’un divertissement : c’est un miroir. Une métaphore de la vie. Sur le ring comme dans la vraie vie, tout est affaire de stratégie, de résilience, et de timing. Mildred Burke ne portait pas de cape. Mais elle a botté des fesses. Littéralement.
Pour qui est ce livre ?
- Pour les fans de catch, bien sûr. Les vrais. Ceux qui aiment les histoires vraies, les destins hors norme.
- Pour les femmes, les hommes, toutes les personnes qui refusent qu’on leur dise quoi faire.
- Pour celles et ceux qui veulent comprendre ce que c’est qu’avoir du mental.
- Pour les amateurs de récits bruts, puissants, qui vous réveillent la nuit.
- Et pour tous ceux qui veulent voir les clichés se faire balayer d’un bon coup de hanche.
Une mémoire rendue au ring
Ce livre est aussi un acte de justice. Mildred Burke a été effacée de la mémoire du catch. Elle a été trahie, invisibilisée, oubliée. Ce livre la rend à nous. Il la hisse là où elle aurait toujours dû être : au panthéon des légendes du catch.
Alors, si vous aimez les récits vrais, les héroïnes qui cognent plus fort que le système, et que vous avez envie de découvrir l’histoire d’une femme qui a changé les règles à mains nues, une seule chose à faire : lisez La reine du girl power. Et souvenez-vous : le ring, c’est la vie. À vous de lutter.
La WWE l’a fait entrer au Hall of Fame
Il aura fallu attendre 2016 pour que Mildred Burke obtienne, enfin, la reconnaissance qu’elle mérite au panthéon du catch. Cette année-là, la WWE l’intègre officiellement à son Hall of Fame, rejoignant ainsi les plus grandes légendes de ce sport-spectacle. Une consécration posthume, certes, mais ô combien symbolique pour celle qui a ouvert la voie à toutes les catcheuses modernes. Longtemps effacée, parfois ignorée, la Reine du ring retrouve la place qui lui revient : au sommet. Ce geste tardif de la WWE confirme ce que ce livre clame haut et fort : sans Mildred Burke, il n’y aurait pas de division féminine aujourd’hui.
Mildred Burke au cinéma : une légende portée sur grand écran
La reconnaissance ne s’arrête pas là. En 2025, le biopic Queen of the Ring vient immortaliser la vie de Mildred Burke au cinéma. Réalisé par Ash Avildsen, avec Emily Bett Rickards dans le rôle-titre, le film plonge dans les années 1930 pour raconter le combat d’une mère célibataire devenue la première championne du monde de catch féminin et athlète millionnaire. Inspiré de la biographie de Jeff Leen, ce long-métrage met en lumière les luttes personnelles et professionnelles de Burke : la domination masculine, la manipulation de son mari-promoteur Billy Wolfe, et sa bataille acharnée pour légitimer le catch féminin. Un film coup-de-poing, fidèle à la violence et à la grandeur de son histoire, qui replace enfin Mildred Burke là où elle doit être : au centre de la légende.