Publié le Dimanche 21 Juillet 2013 à 10h50 par - Lu 1098 fois
Jim Cornette, célèbre manager des années 1980/1990, était au micro de The Rack on Wild Talk Radio pour une longue interview. Ci-dessous les grandes lignes de cette interview:
Ce qu'il pense du catch d'aujourd'hui:
"Pour être honnête, le catch devient un art perdu. Il y a de de moins en moins de places où faire une belle carrière et amasser pas mal d'argent pour les catcheurs de haut niveau mais moins de lieux aussi pour les jeunes qui veulent entrer dans ce business et apprendre ce métier. Il y a des shows un peu partout mais la question est de savoir si les gens qui y sont impliqués savent ce qu'ils font et si les catcheurs ont été correctement entraînés avant de monter dans le ring. Il y a de moins en moins de managers aussi. La WWE est la numéro un de notre industrie, ils ne présentent même plus leur produit comme du catch et ils ont réussi ce qu'ils voulaient en quelque sorte, ils ne font plus vraiment du catch. Je fais la différence entre du catch et du divertissement sportif, ce n'est pas la même chose. Je pense que Matt Striker, qui a été récemment viré de la WWE, a compris que la WWE ne produit pas des shows de catch, mais des shows de divertissement sportif qui utilisent le catch comme toile de fond et malheureusement, c'est le cas. Ils ont décidé de ne plus mettre en avant d'équipes, d'avoir des managers. S'ils décident un jour de ne plus avoir de ring, nous allons avoir assez vite tout un show sans ring, et le monde entier va suivre leur exemple, plus personne n'aura de ring car au lieu de tenter de faire quelque chose de différent, tout le monte essaie de copier le leader du business. Si j'ouvre un restaurant et que tout le monde vend du cheval, je vais vendre du poulet. C'est ce que nous tentions de faire à la Ring of Honor. J'aurais adoré y rester mais pour une tonne de raisons, il valait mieux que je prenne du recul, pour ma santé et pour celles des autres que j'allais étrangler."
"Les personnages dans le catch n'existent plus. Le problème est qu'on donne des personnages aux catcheurs. "Hé Lindsey, je pense que tu es charmante mais tu le serais encore plus si tu portais un costume de Catwoman et que tu ronronnerais durant tes interviews". Ça c'est un personnage ? Les personnages sont les vrais personnalités des personnes. Dick Murdoch était un personnage. Quand vous le voyiez marcher dans la rue, vous sentiez tout de suite que c'était un sacré personnage. Abdullah the Butcher était un personnage. Les gens payaient pour voir ces gars car vous n'en croisiez pas deux comme eux dans la rue. Aujourd'hui, on donne des personnalités aux catcheurs, des personnalités imaginées par des scripteurs créatifs qui ont travaillé pour des soap opéras. Oui, je suis sarcastique au possible. C'est presque impossible pour un catcheur de montrer sa vraie personnalité avec une gimmick donnée par les scripteurs. C'est lorsque les catcheurs montrent leur vraie personnalité qu'ils connaissent le succès. Il n'y a qu'à voir les carrières de Steve Austin, The Rock, Ric Flair, Jerry Lawler."
Les managers dans le catch d'aujourd'hui:
"Beaucoup de gars sont bons dans le ring sans être de bons locuteurs. Bien sûr il y a des exceptions, Bobby Heenan était un grand orateur mais probablement un meilleur catcheur que la plupart des gars qu'il a managé. Quand vous mettez un manager à l'aise au micro et un bon catcheur, vous avez l'assemblage parfait. Même si Vince McMahon a connu de grands managers comme The Grand Wizard et Lou Albano qui faisaient réagir n'importe quelle foule, il a choisi d'aller vers une direction différente à cause de la vision du catch qu'il a. Les managers ne sont pas pris au sérieux et c'est une honte."
On peut voir un renouveau des managers. Comme je l'ai dit, si Vince décide de ne plus avoir de ring, dans trois ans, aucune fédération de catch utilisera de ring. S'il décide de remettre au goût du jour les managers, tout le monde le suivra. Pour les rôles de managers, il faut trouver des gens qui comprennent le catch, qui suivent le catch, qui comprennent en quoi le rôle consiste. Personnellement, c'est venu naturellement car j'ai côtoyé beaucoup de grands managers lors de mon adolescence; déjà en tant que fan quand j'avais 9 ans, je passais 3 à 4 jours par semaine avec certains de ces managers, en tant que photographe ou annonceur, peu importe. J'ai vu de grandes personnes faire leur boulot. Lorsqu'on m'a demandé de devenir manager, j'avais des bases sur lesquelles m'appuyer, on ne m'a pas balancé dans la salle en me disant de faire de mon mieux."